Bonjour,

Vous appréciez notre contenu, cependant votre bloqueur de publicité nous prive des ressources publicitaires sans lesquelles ce site n'aura d'autre choix que de fermer.
Certains sites ont abusé de la publicité en envahissant les écrans et ce sont tous les autres éditeurs qui paient pour ces abus. Nous vous invitons à lire cet article Les adblockers m’ont tuer.
Merci de désactiver votre logiciel (par exemple ADBLOCK) qui bloque les publicités.
Pour désactiver votre logiciel bloqueur de publicité sur notre site (et uniquement sur notre site), il suffit de cliquer sur l'icône de votre bloqueur de publicité puis de cliquer sur "autoriser ce site". Si vous avez un doute, contactez-nous
Merci de votre compréhension

Voici les logos de quelques uns de ces logiciels :



 
Vous êtes ici : Accueil > > Articles & brèves > > Associations - Politiques -Institutionne > Pour quelles raisons AirBnb et Booking ne devraient-ils (...)
samedi 29 avril 2017

Pour quelles raisons AirBnb et Booking ne devraient-ils pas optimiser leur fiscalité ?

 

En tentant de jeter dans la fosse aux lions les AirBnB, Booking, Expedia, Uber, mais aussi Apple, Google, Amazon, Dell et les dizaines d’autres multinationales qui optimisent leur fiscalité en Europe, on se trompe radicalement de combat et de combattant.

Précision pour les malentendants
Ce présent article n’a pas vocation à légitimer/approuver/critiquer les pratiques générales d’affaires des multinationales du web. Cet article s’intéresse uniquement à l’optimisation fiscale (et à rien d’autre).

…Plaisir d’amour ne dure qu’un moment, la s... dure toute la vie…

Même s’il est possible d’obtenir un « oh » d’offuscation de la part des consommateurs quand ils apprennent que ces multinationales paient peu ou très peu d’impôts, il (le "oh") ne dure jamais qu’un moment pour l’immense majorité d’entre eux. Au contraire, impliquer les consommateurs dans ce combat qui leur semble archaïque ne fera que les conforter dans leurs choix : « si leur seul argument contre tel produit est l’optimisation fiscale, c’est qu’il est manifestement meilleur (pour moi) ! » dirait facilement un consommateur.

Parmi ceux qui vont s’offusquer de dire cet article, combien ont un Iphone ou un Mac, un Dell, utilisent Chrome/Google/Android et/ou commandent régulièrement sur Amazon ?

Parmi ceux qui vont s’offusquer de lire cet article, combien donnent toutes leurs chambres à vendre à Booking ou Expedia ? Ou disons plutôt ne font pas les efforts nécessaires pour diversifier leurs sources de clientèle ?

Parmi ceux qui vont s’offusquer de lire cet article, combien ont tenté de grugé le fisc/RSI/URSSAF/état/…, y compris pour quelques centimes, y compris il y a 20 ans ? Pourtant un simple "oubli" a les mêmes conséquences qu’une ligne truquée.

Parmi ceux qui vont s’offusquer de lire cet article, combien ont utilisé l’une des méthodes d’optimisation fiscale disponibles ? Y compris quand elle est légèrement tirée par les cheveux ?

Parmi ceux qui vont s’offusquer de lire cet article, combien abusent de certaines situations légales mais moralement condamnables ? Un exemple : augmenter les prix de 200, 300 ou même 400 % lors d’un évènement majeur comme une coupe du Monde, un gros congrès, etc… Ah oui mais là c’est pas pareil ! Certes les hôteliers indépendants ne sont pas forcément les plus virulents, néanmoins le yield a bon dos !

Une multinationale entreprise n’a pas vocation à faire plaisir au fisc

Une multinationale commence toujours, même si de rares exceptions doivent exister, sur un marché local. C’est au cours de sa croissance sur des marchés extérieurs qu’elle va devoir prendre des décisions, parfois dans l’urgence, afin que ses filiales agissent dans la légalité ou la rattrapent. On entend déjà certains dire que tout a été planifié depuis le 1er jour où l’entrepreneur a eu l’idée dans sa douche ou dans un rêve : euh... peut-être faudrait-il que ces partisans de la théorie du complot se mettent à écrire un roman de science-fiction.

Un entrepreneur individuel (amateur ?) qui a mis son propre argent sera souvent bien plus conciliant (aveugle ?) avec sa rentabilité qu’une entreprise qui compte des investisseurs professionnels parmi ses associés.

Les administrateurs professionnels d’une entreprise vont lui faire prendre une direction qui sera avant tout bonne pour l’entreprise et uniquement pour l’entreprise, avec des décisions rationnelles, des décisions étayées par de vrais prévisionnels, de vraies études, une vraie stratégie…

En tous les cas, une multinationale n’est pas créée pour éluder l’impôt ! Elle est créée pour combler un besoin, remplir un vide, générer des bénéfices, des emplois, de l’attractivité…

Va-t-on faire le même procès d’intention à chaque nouvelle pseudo révélation ?

Il faudra bien un jour cesser de jouer les vierges effarouchées à chaque fois qu’une « révélation » de la presse relaie la faiblesse de l’impôt de telle ou telle multinationale, cette presse qui fouille trop peu et se contente de surfer sur les sujets "dans l’air du temps". Combien de journalistes connaissent réellement les tenants et aboutissants de ces pratiques ?

Nombreuses sont les multinationales joue ce jeu. Pourquoi ? Pardi, c’est parce que les règles le permettent ou disons plutôt ne le condamnent pas fermement !!!. Si l’Irlande est la plaque tournante de l’optimisation fiscale en Europe, c’est sur l’Irlande qu’il faut faire pression pour peu qu’on veuille réellement voir les choses changer durablement. En ne s’en prenant qu’aux multinationales, on ne règle pas le fonds du problème. Attendons de voir le résultat du redressement Apple que les "spécialistes" estiment entre 1 et 19 milliards d’euros.

Et à ce jeu, les multinationales françaises ne sont pas à la traîne : elles aussi optimisent et elles aussi paient beaucoup moins d’impôts en pourcentage que les TPE et PME.

Si les multinationales tentent d’exonérer le chiffre d’affaire réalisé dans un pays des impôts de ce pays, c’est parce qu’il y a des failles et qu’il y a de fortes probabilités de passer au travers des mailles du filet. La vie d’un chef d’entreprise n’est-elle pas ponctuée de prises de risques et de probabilités ?

Quand on a une chance sur deux/trois/quatre de passer à travers, quand en plus on va pouvoir faire traîner les procédures pendant plus de 10 ans sans payer ou en ne payant que partiellement, et qu’au final seule la société (à condition qu’elle existe encore) sera déclarée responsable et non pas ses dirigeants, alors pourquoi se gêner de passer pour l’entrepreneur du siècle et engendrer des revenus personnels gargantuesques.

Le jour où les dirigeants ET les conseillers de ces multinationales feront l’objet d’un mandat d’arrêt international parce que ces pratiques auront enfin été dites illégales (par la loi NDLR), les choses changeront vraiment. Il suffit de regarder comment l’hyper arrogant Uber s’est miraculeusement dégonflé quand ses dirigeants ont été placés en garde à vue dans l’affaire de l’illégal UberPop.

Ce sont les règles du jeu qu’il faut changer, pas blâmer les joueurs

Les entrepreneurs derrière ces multinationales sont des entrepreneurs comme les autres, des gens qui osent, qui prennent des risques. Heureusement qu’il existe des gens qui entreprennent car comment ferions-nous avec un monde sans eux ? un monde plein de fonctionnaires et d’inactifs ? Soyons plutôt reconnaissants envers tous les entrepreneurs, qu’ils aient "optimisé" ou non.

Pour recadrer le jeu, encore faut-il qu’il y ait des règles universelles, simples si possible. En France on a l’habitude de créer les exceptions plus vite que la loi...

Faire pression sur les politiciens et politicards de tous bords est la seule stratégie qui permettra de les faire mettre en place des règles plus justes. Le lobbying fonctionne et les plus récentes entreprises du web l’ont bien compris, Uber en tête, avec des budgets faramineux consacrés à leur département « légal » et au lobbying.

Néanmoins, le lobbying n’est pas la seule solution pour faire changer les choses. Faire pression sur l’administration fonctionne quand elle est menée simultanément par des milliers de contribuables et que le mouvement est relayé par les médias avec une chorégraphie synchronisée. En cherchant 2 secondes, on peut déjà trouver les idées suivantes alors en prenant les bons spécialistes, on devrait trouver de vraies pistes : déclarations papiers au lieu de déclarations dématérialisées, procédures rectificatives (« glups, je me suis trompé et ma précédente déclaration n’est pas exacte. »), consigner les paiements, etc... sans oublier de mé-dia-ti-ser chaque action !

En pleine campagne présidentielle, c’est le moment d’amener le sujet sur la table, non pas comme un des innombrables amuse-bouche mais comme un des plats principaux car l’entrepreneuriat français ne peut pas survivre aux exceptions des multinationales. Nul besoin de stigmatiser l’un ou l’autre car seul l’avenir compte.

Conclusion

L’optimisation fiscale est une maladie qui infecte l’immense majorité des états. La situation n’est pourtant pas irrémédiable.

Est-ce que les hôteliers et les entrepreneurs en général vont savoir se mobiliser ? Ou bien est ce que se plaindre du poids des charges va rester la méthode la plus courante ?

En tous les cas, espérer revenir sur l’intégralité des optimisations des années précédentes est une utopie.

Dans le contexte de la robotisation croissante de tous types de tâches et donc d’emplois, stopper ces dérapages pour les années à venir n’est pas seulement une évidence, c’est une nécessité : le capitalisme oblige à la concentration, oblige les entreprises à devenir des multinationales et leur nombre ne va faire que croître. Quand il n’y aura plus que des multinationales qui ne contribuent pas ou peu, qui va financer l’école, la police, la sécu, la justice, les routes, les ponts, etc... ?

Si vous copiez cet article partiellement ou intégralement, n’oubliez pas d’insérer le lien http://suiv.me/6580 vers sa source ou le lien http://suiv.me/6580.qr vers le QR Code ci-contre. N'hésitez pas à consulter le monde d'emploi ou à lire les CGU.
 
 

Les commentaires

  • 1. Pour quelles raisons AirBnb et Booking ne devraient-ils pas optimiser leur fiscalité ?, 22 janvier, 12:01, par BESSET Laurent

    En attendant le grand mouvement populaire contre les multinationales, leur optimisation fiscale et leur lobbying (et j’y crois pas...),
    il y a la place pour l’action de l’individu, comme l’histoire du colibri qui fait sa part en apportant quelques gouttes d’eau dans son bec pour éteindre un grand feu.
    Pour moi, ça passe par l’éthique personnelle, la conscience tranquille.
    Depuis des années, je tente au mieux d’être en paix avec ma conscience en n’usant pas des pratiques listées dans cet article : pas de travail au black, déclaration fiscale du moindre centime de revenu, utilisation minimale des services des multinationales au profit du commerce local, etc.
    Je viens même de sortir de Booking.com !
    Finir sa vie avec la conscience tranquille, c’est un grand cadeau, même si ça ne favorise pas la richesse matérielle !
    Bravo pour cet article.

  • 2. Pour quelles raisons AirBnb et Booking ne devraient-ils pas optimiser leur fiscalité ?, 23 janvier, 07:29, par Hotel le Manoir Saint Michel

    @Laurent : Bienvenue au club !

  •  
     

Un avis, un commentaire ?

À savoir avant de poster votre avis...

Modération à priori. Ne sont notamment pas publiés :
- Les messages à caractère publicitaire
- Les messages postés avec une fausse adresse email
- Les messages comportant des liens sortants auto-promotionnels et/ou non pertinents avec l'article.
Lire les CGU

Qui êtes-vous ?
Votre message
  • Message limité à 5000 caractères

 
 
Si vous pensez que TendanceHotellerie.fr a toute sa place dans le paysage de l’hôtellerie francophone, n’hésitez pas nous soutenir. C’est simple et (...) En savoir plus »
Nous avons la volonté de faire correspondre ce webzine à vos attentes. Nous sommes très intéressés de recevoir vos avis et suggestions pour (...) En savoir plus »
Vous voulez annoncer sur TendanceHotellerie ? Nous proposons aux fournisseurs de services, solutions et produits à destination de l’hôtellerie de communiquer avec les lecteurs de (...) En savoir plus »