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mercredi 29 mars 2017

Rapport d’information sur l’impact du numérique sur le secteur touristique français de la commission des affaires économiques de l’Assemblée Nationale : 154 pages d’enfonçage de portes ouvertes

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Si les 154 pages qui constituent ce rapport n’avaient pas été rédigées ni payées par de l’argent public, sans oublier les heures passées par des dizaines de personnes non élues et non fonctionnaires, ce rapport d’information de la commission des affaires économiques de l’Assemblée Nationale passerait totalement inaperçu. Maintenant qu’il porte le sceau de l’Assemblée Nationale, il va devenir parole d’évangile.

L’exercice consistait à (essayer de) comprendre l’impact du numérique sur le tourisme français puis à émettre des recommandations. Bravo !

Pour comprendre, écouter ne suffit pas, il faut entendre et analyser

Pour comprendre ce qui se passe, des dizaines de personnes ont été auditionnées : des syndicalistes, des représentants d’associations, des entrepreneurs du monde du voyage, des entrepreneurs de l’internet, des spécialistes de la DGCCRF, le patron d’Atout France, des "experts", des institutionnels...

Comme toujours les hôteliers et leurs partisans se sont majoritairement placés dans une posture de victime, tandis que les entrepreneurs du web se sont placés dans leur classique posture de grand défenseur du client. Une petite couche d’Atout France pour justifier les fortunes dépensées à rien depuis des années, et hop le bal s’est terminé.

Les problématiques des déséquilibres des contrats ont été écartés en attendant les décisions de l’Autorité de la Concurrence et du Tribunal de Commerce de Paris. La bonne aubaine !

Le seul vrai point mentionné plusieurs fois dans les constats et dans les solutions est celui de l’utilisation abusive des marques.

Quand les intervenants font preuve d’un soupçon de mauvaise fois, personne ne le voit. Par exemple Voyages-SNCF ne connaît pas Trivago !!!

On parle un peu des marques mondiales d’hôtellerie mais on omet de parler de ce qu’elles ont tenté avec RoomKey.

Il est facile de se plaindre du fait que Booking ou Expedia dépensent des milliards en marketing Internet. Avant de dépenser de l’argent, les créateurs de ces entreprises ont commencé par regarder, imaginer, inventer, créer. C’est avec le succès que sont venus les moyens financiers, pas l’inverse.

Le fonctionnement précis des différents modèles entre OTAs, le fonctionnement précis des métamoteurs, l’impact précis de Google dans cet écosystème n’ont été abordés qu’en surface, sans prendre le temps d’une analyse détaillée, poste par poste, sans avoir de méthodologie de type "autopsie" où chaque organe est étudié/pesé/vu sous tous les angles et comparé à la "norme".

Pas un seul bilan ni compte de résultat de ces magnifiques entreprises du web n’a été disséqué pour comprendre comment elles fonctionnent. C’est pourtant bien par le compte de résultat et le bilan qu’on analyse une entreprise !

L’exercice aurait donc mérité qu’on compare les bilans des différents acteurs dont la commission était censée d’intéresser. Et bien non, pas la peine car en politique on ne se préoccupe pas des bilans financiers ni même d’une quelconque forme d’équilibre budgétaire.

Quant au tourisme d’affaires, il est abordé du bout des ongles et pas un seul spécialiste du secteur n’a été auditionné. Encore bravo !

THE solutions are very biotifoule, my Dear

Côté solutions, on pourrait en rire si ce n’était pas désastreux pour les entrepreneurs qui ont mis tout leur coeur, tout leur temps et tous leurs biens dans leurs modestes entreprises.

Voici quelques superbes enfoncements de portes ouvertes :

  • "Encourager l’innovation dans le secteur touristique et favoriser l’essor de start-up, en particulier dans le domaine du m-tourisme ou de l’exploitation de données." : komankonfé ?
  • "Mettre en place un « 35e plan » de reconquête industrielle au bénéfice de la filière touristique, axé sur la thématique de l’e-tourisme, pour rapprocher les acteurs du secteur et identifier les enjeux à venir en termes d’innovation." : euh... les 34 premiers plans ont tellement bien fonctionné qu’un 35ème s’avère essentiel
  • "Intégrer la dimension numérique dans l’ensemble des programmes de formation professionnelle pour les métiers du tourisme, notamment ceux de l’hôtellerie." : et si on essayait déjà de laisser des heures de pratique dans les programmes de lycée hôtelier avant de rajouter des cours qui seront dispensés par des professeurs non formés au digital ?
  • "Définir une stratégie nationale de marques, de portée à la fois mondiale, européenne et nationale selon les clientèles ciblées, dont le pilotage serait assuré par Atout France, en tant que fédérateur des acteurs institutionnels." : si Atout France avait un jour réussi à faire autre chose que dépenser de l’argent, ça se saurait. La machine Atout France mériterait une commission d’enquête et un véritable audit, pas uniquement financier, mais surtout sur les méthodes, les relations de copinage, les processus de décision...
  • "Adapter le cadre normatif applicable aux acteurs traditionnels du tourisme afin que ceux-ci ne soient pas pénalisés face aux acteurs de l’e-tourisme." : z’êtes certain de ça ?
  • etc, etc, etc...

Conclusion

Taper fort sur la tête des plus forts ne rendra pas les moins forts plus costauds. Trancher la tête d’un calife ne résout rien : un autre calife prend toujours la place.

Les solutions passent par une compréhension fine des mécanismes qui font que ces forts sont si puissants, par une adaptation de ces mécanismes à l’échelle de petites entreprises, par un maillage puissant de ces petites entreprises, par une équité légale/fiscale/normative, par une profonde remise en question du système étatique qui chapeaute le tourisme en France, par un travail de collaboration sincère et urgent au niveau européen, par l’abandon de la pensée par laquelle l’état oriente l’économie, par le fait de donner aux entreprises le moyen d’être agiles...

Le rapport d’information sur l’impact du numérique sur le secteur touristique français

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